Sirène

Introduction
Sirène est un court-métrage qui reprend le thème d’évasion, où une futur mariée retrouve ce qui l’a toujours animé, quitte à tout abandonner derrière elle. Je voulais transmettre l’importance d'être fidèle à soi-même et de ne pas oublier l’essentiel à nos yeux, surtout dans les moments plus ou moins difficiles.
Synopsis
Dans une atmosphère oppressante, une fiancée fuit son mariage. Pendant cette course pour la liberté, des flashbacks de son passé viennent rythmer ses pensées. La future mariée avait un ami d’enfance parti en mer et qui n’est jamais revenu. Alors qu’elle se retrouve au bord d’un précipice, elle se laisse tomber dans la mer.
Processus de réalisation
Le challenge a été de travailler la narration, sans dialogue pour expliquer l’histoire, et le style artistique qui devait à la fois être homogène sur l’ensemble de l’animation mais aussi marqué la différence entre les temporalités. Je me suis donc inspirée principalement des travaux de Emily Xu et Shiroi Minato, qui par de simples traits réussissent à retranscrire la grâce et les émotions de leurs personnages. Les contes illustrés de Sheila Beckett ont aussi beaucoup influencé le style graphique de l’animation, dans le traitement des textures et des silhouettes où on y trouve une bonne balance entre détail et simplicité, avec des couleurs franches.
La silhouette de la fiancée s’inspire des années victorienne dans un paysage semblable à ceux que l’on retrouve vers les côtes de la Manche. Son histoire fait comprendre que son mariage était arrangé et n’était pas d’amour. L’essentiel a été gardé pour ne pas totalement ancrer le personnage dans une époque précise et garder une certaine liberté dans le récit et le design.
Le personnage de la fiancée est passé par plusieurs design. Il fallait rester simple tout en signifiant l’époque dont elle s’inspire.
La fiancée possède deux apparences, celle de sa jeunesse et celle de son mariage sont deux périodes qui s’opposent dans l’histoire. Les couleurs mais aussi les silhouettes permettent de créer des contrastes entre ces deux périodes distinctes. Dans le présent, la future mariée a ses cheveux en chignon serré et plaqué pour symboliser la rigueur et la maturité de sa situation, alors que dans sa jeunesse, sa chevelure est détachée, expression de sa liberté. Les deux tenues restent simples, néanmoins, la robe à crinoline est plus imposante, plus lourde, comme les responsabilités qu’elle aura après son mariage.
Lors des premières recherches colorimétriques, les nuances de gris ont été privilégiées pour refléter le sentiment de la fiancée lors du mariage. Mais pour éviter de trop contraster les styles, une palette de couleurs pastelles a été retenue, a contrario avec celle trop vive et saturée.


Les décors ne devaient pas être trop surchargés sauf pour l’église. Dans le présent, Il fallait qu’ils représentent un vide intérieur, ainsi qu’une grande solitude, tout en s’inspirant de la localisation choisie, les côtes de la Manche. Le paysage s’étend en de grandes pleines à n’en plus finir, avec un ciel tout aussi imposant, tacheté de nuages qui donne davantage de grandeur. Le personnage quant à lui, semble minuscule comparé à cette immensité dans laquelle il se trouve, ce qui renforce sa situation initiale.
Dans le passé, le décor disparait presque pour laisser la place aux personnages qui prennent l’ensemble de l’écran. On se concentre sur leurs émotions et leur histoire.
Les recherches couleurs des paysages ont été assez complexes, passant de nuances de gris, de bleu pour rester dans les tons froids. Finalement, l’ensemble de l’image est devenue pastelle pour les moments situés dans le présent et saturée pour les flashbacks. Cela donne beaucoup plus de contraste entre les deux périodes.